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L'histoire du Ping
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Sur une lithographie en couleurs de 1810, on peut voir deux garçons qui s'adonnent à un jeu ressemblant fortement au tennis de table. S'il s'agissait bien de ce sport, ils auraient bien fait de déposer un brevet.

Mais il semblerait que le tennis de table, tel qu'on le connaît aujourd'hui, se soit en fait développé en Angleterre plus d'un demi-siècle plus tard, à partir du tennis. Les fabricants de jouets et d'articles de loisirs se sont alors engouffrés dans la brèche, baptisant cette nouvelle activité de noms originaux — gossima, whiff-whaff, flim-flam, ping-pong, entre autres.

A la recherche d'un nom pour son nouveau jeu de « tennis sur gazon », le fabricant de jouets anglais Jacques & Son a déposé, en 1900, le terme ping-pong car il rappelait le bruit de la balle sur la raquette et celui de la balle sur la table. Réservé à l'origine à une élite, ce nouveau sport est devenu très à la mode et s'est largement démocratisé.

Enfin presque, car en 1903, on jugeait encore utile de déconseiller aux hommes de porter un costume et une chemise amidonnée, et une robe de satin blanc pour les femmes.

A ses débuts, le tennis de table, même en tant qu'activité récréative de la haute société, se jouait avec un équipement des plus rudimentaires. Les joueurs utilisaient des balles en corde, en liège ou en caoutchouc, et des livres posés à plat faisaient office de filet de fortune. Les raquettes, elles, étaient faites de carton épais.

A la fin des années 1880, les fabricants américains et anglais commencèrent à élaborer des prototypes industriels de raquettes, de balles et de tables, dans l'espoir qu'ils deviennent des modèles de référence. Ces raquettes, de formes différentes, étaient pour la plupart en bois et revêtues d'une feuille de caoutchouc à picots.

Toutefois, leurs concepteurs ne purent se mettre d'accord sur leurs dimensions, et, encore aujourd'hui, il n'existe pas de spécifications en la matière.

En 1901, l'histoire du tennis de table connut un grand tournant : le joueur anglais James Gibb rapporta des Etats-Unis une balle de jeu pour enfants en celluloïd, très légère, qui lui parut idéale pour le tennis de table. Encore utilisée aujourd'hui, cette matière a donné un nouvel essor à ce sport.

Au cours des années 1920, le tennis de table s'est considérablement développé. La Fédération Internationale de Tennis de Table fut créée en 1926, à l'initiative de pays européens — la Grande-Bretagne, l'Allemagne et la Hongrie en tête.

Les premiers championnats du monde se déroulèrent l'année suivante. Ils marquèrent le début de la prédominance des joueurs hongrois, qui demeurèrent pratiquement imbattables jusqu'aux années 50. C'est en effet à cette époque que l'introduction de nouvelles méthodes d'entraînement firent du tennis de table un sport nettement plus exigeant.

Les Suédois donnèrent le ton, en assimilant les meilleures techniques de leurs adversaires. Si les Japonais étaient célèbres pour leur coup droit lifté, les Chinois pour leur puissant revers et les Hongrois pour leur contre court, les Suédois, quant à eux, apprirent à combiner les coups et à surprendre leurs adversaires.

Grâce au concours d'entraîneurs étrangers, la Suède produisit plusieurs champions du monde.

Parallèlement, les pays asiatiques, notamment le Japon et la Chine, commencèrent à s'imposer. Dans les années 80, à la veille des premières compétitions olympiques, la suprématie de la Chine était incontestable. Depuis l'introduction du tennis de table aux Jeux Olympiques de Séoul, en 1988, la Chine a remporté neuf médailles d'or sur douze.